Baptiser une chaussure du nom de la mythique course helvétique Sierre-Zinal relève d’une certaine audace marketing. Là où d’autres acteurs du marché ont pu trébucher sur des hommages similaires (Je pense à Nike avec la Zegama), Hoka persiste en faisant radicalement évoluer sa lignée dédiée aux courtes distances et aux formats maratrails. Conçue pour affronter des tracés nerveux, la Zinal 3 (que je vous avais présentée ici en avant première) marque une rupture notable avec ses devancières. Cette nouvelle itération abandonne en effet le minimalisme de la V2 pour s’orienter vers une proposition plus structurée et polyvalente (un peu).
L’évolution technique se traduit d’abord par une refonte complète de la tige et du bloc semelle, matérialisée par une légère prise de poids qui porte l’ensemble à 240 grammes. L’architecture de la chaussure délaisse le chausson intégré de la version 2 au profit d’un retour aux bases : une languette traditionnelle bien galbée associée à un laçage classique efficace, complétée sur l’avant-pied par un insert extensible en élastane (ou similaire) qui devrait offrir un peu de liberté à l’avant. Sous le pied, la disparition de la gomme Vibram est compensée par l’adoption d’un profil de crampons sensiblement plus marqué, que j’estime à 5 millimètres. Cela devrait modifier l’accroche de la chaussure dans les terrains gras et humides. Le dynamisme et le confort restent quant à eux assurés par une nouvelle mousse EVA supercritique (SCF) infusée à l’azote, conservant une bonne flexibilité sous un stack modéré d’environ 30 millimètres. Une rapide comparaison avec la Zinal 2 que j’ai conservée indique clairement un produit plus tolérant, moins fit, globalement plus confortable.
Testée sur mes sentiers habituels autour de La Toussuire, la Zinal 3 dévoile un comportement globalement assez sain et une stabilité plus marquée que ce que proposait la Zinal 2. Le maintien de l’arrière-pied se montre irréprochable, la chaussure suivant/accompagnant bien les mouvements du pied dans les courbes et les relances rapides, même si la finesse relative de la semelle appelle à la vigilance sur les zones de cailloux en l’absence de plaque de protection intégrée. C’est peut-être le seul point à améliorer sur la chaussure : un peu plus de protection.
Proposé au tarif finalement assez compétitif de 160 €, cette Hoka Zinal 3 se place, à la manière des The North Face Vectiv Sky 2 que j’ai beaucoup aimé, comme une alternative très pertinente et plus accessible face aux modèles haut de gamme. Si vous êtes un coureur à la recherche d’une chaussure racée, proche du sol, à la construction disons “pragmatique“, pour les courtes distances ou pour vous faire plaisir à l’entrainement, la Zinal 3 est une bonne option.












