Stanislas Réchard, faiseur de trail !
Le Trail du Ventoux accueille en 2026 les Championnats de France de la discipline. L’occasion de mieux connaitre le co-organisateur Stanislas Réchard, la "relève" de l’historique Serge Jaulin.
Stanislas, raconte-nous ton histoire de vie ?
Stanislas Réchard : « Je suis né à Bordeaux. Au bout deux ans, mes parents ont déménagé en Bourgogne, où ils ont acheté un restaurant entre Nuits-Saint-Georges et Beaune. On y a vécu 14 ans. Le restaurant se situait au rez-de-chaussée et la famille vivait à l’étage. J’ai vite appris avec mes parents la valeur du travail ! Pendant toute ma jeunesse, mes parents, même non sportifs, ont toujours insisté pour que mon frère et moi pratiquions des sports très différents : sports collectifs, équitation, escrime, kayak… C’est le hand qui m’a le plus plu à l’époque. Puis, ils se sont installés à Biarritz quand j’avais 16 ans pour y monter un service de traiteur à domicile. C’est à Biarritz que je me suis mis aux sports de combat, et si je courais, c’était pour la boxe… »
Comment se sont passées tes études ?
« Au lycée, je me sentais décalé, je n’avais pas perçu l’intérêt des études, je cherchais ma voie…. Et j’ai séché le bac au dernier moment, en allant à la plage jouer au beach-volley plutôt que de passer l’épreuve ! Je n’en suis pas fier d’ailleurs. J’ai décidé alors de m’engager dans l’armée, à 18 ans, attiré par le côté aventure et découverte. J’avais envie d’aller dans les troupes de montagne, ce fut mon challenge ! Je suis donc arrivé à Chambéry comme Chasseur Alpin, en tant que servant de mortier. C’est là que j’ai vraiment commencé à courir, et au début je n’étais pas vraiment dans les bons ! La course à pied était obligatoire ! Tous les matins, c’était footing ! De moi-même, j’en ai rajouté en y retournant le soir. Peu à peu, j’ai progressé ! J’ai passé 3 ans dans cette troupe de montagne, la durée de ce premier contrat militaire. Je n’ai pas voulu re-signer, car si j’avais aimé partir pour des missions en Côte d’Ivoire et au Gabon, je ne me voyais pas faire le planton des plans vigipirate ».
Et comment as-tu rebondi après tes années de chasseurs alpins ?
A 21 ans, j’ai passé un équivalent du Bac pour pouvoir suivre des études universitaires. J’ai fait deux ans de STAPS à Grenoble, y obtenant mon DEUG. J’ai alors pris conscience qu’il me fallait trouver une voie professionnelle, car les métiers du sport sont encombrés et aléatoires. C’est là que j’ai décidé de me réengager dans l’armée, cette fois comme moniteur sportif. J’ai fait huit mois à Saint-Maixent-l’École, au sein de L’École Nationale des sous-officiers d’active, pour devenir sous-officier de l’Armée de terre française. Puis sept mois de formation à l’EIS de Fontainebleau. A la fin de ces formations, étant bien classé, j’ai pu choisir mon lieu d’affectation et j’ai opté pour Gap, car je voulais revenir en montagne, comme ma compagne Marie Jaulin, qui finissait l’École Nationale de la Magistrature. Pendant ces années d’étude, j’ai continué à courir et j’ai fait de la montagne, de l’escalade, du ski de randonnée… C’est l‘alpinisme qui me plait le plus, et pour aller plus haut, plus vite, il faut être en forme !
Tu es donc redevenu militaire à Gap ?
Exactement. Je suis arrivé au 4ème Régiment de chasseurs de Gap en 2017 à 26 ans, comme moniteur de sport, et j’y suis resté 8 ans. Ce qui m’a plus dans ce travail, c’est le fait qu’à côté de la partie entrainement, il y ait beaucoup de polyvalence et en particulier de l’organisation d’évènements. J’ai d’ailleurs gardé de très bons amis dans la cellule du bureau des sports. Comme un fil rouge, j’ai toujours continué de courir, en mettant parfois des dossards. Après mes 8 ans au sein du 4ème RC, pour rester militaire, je devais accepter d’être muté. Je n’ai pas souhaité devoir quitter les Hautes-Alpes et m’éloigner de ma famille. En parallèle de ma carrière militaire, je me suis de plus en plus investi dans l’organisation de trails.
La rencontre avec la famille de Serge Jaulin a été décisive ?
J’ai rencontré Marie en 2014, en allant courir le trail du Ventoux à Bédouin. Marie est la fille de Serge Jaulin et Christine Grouiller, les créateurs et organisateurs de cette belle épreuve qui est devenue une référence nationale de la discipline. Depuis, tous les ans, j’y retourne en m’impliquant de plus en plus dans l’organisation ! Au fil du temps, j’ai puisé dans mes vacances pour m’impliquer et je me suis pris de passion pour l’organisation de trails. Porter un projet avec des partenaires, rencontrer et faire travailler ensemble des professionnels et des bénévoles, et produire au final un bel évènement le jour J, quelles que soient les conditions météo du jour. Aujourd’hui, nous portons le Trail du Ventoux avec Christine Grouiller et Serge Jaulin, légèrement en retrait mais toujours décisif, et nous accueillons chaque année 4500 coureurs, en étant pleins très tôt. Cette année, nous y intégrons les Championnats de France de trail. Désormais, organiser des trails est devenu mon activité principale. J’organise le Trail du Ventoux en mars et le Ventoux By Night en septembre. En complément, je lance d’autres épreuves dans les Hautes-Alpes.
Quelles autres courses proposes-tu en 2026 ?
J’ai repris l’organisation du Trail des Contreforts de Piolit dans mon village à la Bâtie-Neuve, au moment où le créateur de l’épreuve, Jean-Philippe Bréard, adjoint au maire, voulait passer la main après 10 ans d’organisation. En avril prochain, ce sera ma troisième édition, et en renforçant le côté montagne. Dans les Hautes-Alpes, je reprends le Winter trail Réallon le 7 mars prochain (ex aiguille trail des neiges) et je proposerai un autre trail à Réallon le 15 juin prochain. Comme le Grand Trail de Serre-Ponçon ne passe plus à Réallon, j’ai réfléchi à une organisation qui ouvre la saison estivale dans la station. Le maire de Réallon et le directeur de la station sont motivés pour ce premier Wild Trail Réallon. Il s’élancera de la base de loisirs des Iscles, près du plan d’eau, avec un parcours de 11km qui fait le tour de la vallée, un de 25km, qui va rejoindre le lac de St Apollinaire et remonte vers les crêtes et la brèche des Aiguilles de Chabrières en revenant à Réallon via le col de la Gardette, et enfin un de 37 km qui suit le parcours du 25, puis enchaîne jusqu’au Col de Chorges et revient aux Gourniers par le Col de la Coupa.
Bio-express
Stanislas Réchard, 34 ans, vit à la Bâtie-Neuve (05)
En couple avec Marie Jaulin.
Père de deux enfants, Héloïse et Mao
1991 : naissance à Bordeaux
1993-2007 : Jeunesse en Bourgogne
2007-2009 : Déménage en famille à Biarritz
2009- 2012 : chasseur alpin à Chambéry




