MIUT 115 2026 et analyse des données
Le MIUT 2026 a sacré Vincent Esmiol et Katharina Hartmuth sur les sentiers escarpés de Madère. Retour sur la course du Weekend et analyse des données du MIUT 2026.
L'édition 2026 du Madeira Island Ultra Trail (MIUT) s'est achevée le week-end du 25 et 26 avril, confirmant son statut de pilier majeur du circuit mondial de l'ultra-distance. Traversée intégrale reliant la côte nord-ouest à la pointe sud-est de l'île de Madère, le tracé est réputé pour être l'un des plus exigeants au monde à la façon d’une Diagonale des Fous : relief volcanique escarpé, des milliers de marches de pierre, des passages en crêtes exposées et des sections de levadas où il faut relancer.
Le MIUT 115 est souvent marqué par une forte densité de plateau, le récapitulatif des victoires ci-dessous parle pour l’événement.
La maîtrise tactique de Vincent Esmiol
La course masculine du format Legend a été le théâtre d’un duel franco-américain de haut niveau, où la gestion de l’effort a primé sur la vitesse pure. Vincent Esmiol, athlète de 30 ans originaire de Digne-les-Bains, a livré une prestation quasi-parfaite. Sa victoire s’est construite sur une montée en puissance progressive.
Dynamique de course et progression des leaders
Dès les premiers kilomètres après le départ de Porto Moniz, un groupe de favoris s’est détaché. À Fanal (km 12,3), atteint après 1h33 de course, Vincent Esmiol pointait à la troisième place, restant à l’affût derrière Erik Sorenson et Ethan Peters. C’est dans la descente technique vers Chão da Ribeira (km 20) qu’Esmiol a pris les commandes de la course, une position qu’il n’allait plus quitter malgré la pression constante de ses poursuivants.
La section centrale, entre Estanquinhos (km 30) et Curral das Freiras (km 58), est souvent considérée comme le secteur où se joue le podium. Le terrain y est particulièrement usant, alternant montées sèches et descentes cassantes. C’est dans ce secteur qu’Esmiol a commencé à creuser des écarts significatifs. Au point de contrôle de Curral das Freiras, il devançait déjà Aurélien Dunand-Pallaz, qui faisait son grand retour à Madère après sa deuxième place en 2018.
Katharina Hartmuth, la résilience récompensée
Dans la catégorie féminine, l’histoire de cette édition 2026 restera marquée par la victoire éclatante de l’Allemande Katharina Hartmuth. Après trois tentatives infructueuses dues à des blessures ou des accidents, notamment une fracture de fatigue au fémur en 2025, Hartmuth a enfin pu exprimer son plein potentiel sur les sentiers madériens. Sa course a été une démonstration, menant de bout en bout avec une précision métronomique.
Une domination sans partage
Dès le départ, Hartmuth a imposé un rythme que peu de ses concurrentes ont pu contester. À Fanal (km 12), elle possédait déjà cinq minutes d’avance sur l’Américaine Helen Mino Faukner. Cette avance n’a fait que s’accroître au fil des heures. Au passage de Chão des Louros (km 44), l’écart s’élevait à 28 minutes, Hartmuth bouclant cette première moitié de parcours en moins de six heures.
Le point culminant de sa performance a été le passage du massif central. Tandis que ses rivales commençaient à accuser le coup physiquement, l’Allemande maintenait une allure constante. À Portela (km 90), son avance dépassait l’heure sur Mino Faukner. Elle termine finalement en 14h54:59, s’offrant une 15e place au classement général scratch.
La bataille pour le podium féminin
Si la première place a rapidement été scellée, la lutte pour les médailles d’argent et de bronze a été bien plus serrée. Helen Mino Faukner a occupé la deuxième position pendant la majeure partie de la course, mais elle a dû faire face au retour fulgurant de la Canadienne Jazmine Lowther dans les derniers kilomètres. À Larano (km 96), l’écart entre les deux coureuses n’était que de dix minutes. Lowther a produit son effort dans la descente finale vers Machico, échouant à seulement quatre minutes de la deuxième place.
Les données du MIUT 2026
Les données utilisées dans cet article sont celles de l’organisateur de l’événement. Elles sont disponibles en libre accès sur les sites de l’UTMB, de l’ITRA, de la FFA ou de la course concernée.
Densité et écarts visuels TOP10 H et F
Katharina termine aux portes du TOP10, là où Katie Schide finissait 5ème en 2025. On remarque également la moindre densité du TOP10 chez les femmes, comme souvent.
Distribution des chronos et stats générales
La répartition femmes/hommes est en phase avec ce qu’on observe sur les autres grandes courses d’Ultra. Information pouvant expliquer la différence de densité des deux sexes, en particulier en tête de course.
Comme souvent, on compte un certains nombre d’arrivée ex-aequo, révélateur du fait que les coureurs participent “entre amis” sur ce type d’événement (Pour info, seulement 2 paires ex-aequo sur la Western States 100).
Le MIUT, une course très française
Depuis 2018, la France est la nation la plus représentée, atteignant 44% en 2026 (13% pour le Portugal).

Le MIUT, un niveau en constante augmentation
Évolution de l’allure moyenne du TOP10 sur le MIUT, rapporté au km-effort de l’événement (le parcours variant selon les années, plus pertinent que de comparer les chronos).








